En Europe la Recherche, comme les individus, n'a pas le moral
article: La France peine à attirer les savoir-faire étrangers
source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-391425,0.html
Au lieu d'être un pôle de croissance, l'Europe économique que l'on s'efforce de construire depuis près de 60 ans semble regrouper une équipe de bras cassés chez qui la croissance est en panne durable, le chômage constant, la consommation en berne, les déficits en hausse, l'innovation quasi inexistante relativement à ce qu'on trouve ailleurs. Remuez tout ça et vous obtenez un mélange explosif de faible moral des entreprises et des ménages, de malaises sociaux et d'exclusion, de montée des idées extrémistes xénophobes et révolutionnaires... Un grand mix de chaos économique et social en somme. C'est vrai que quand on regarde autour de soi on a pas le moral. Dans les grandes villes on manque à chaque pas de marcher sur un être HUMAIN couché sur une bouche de métro, on a même plus la force de s'apitoyer. Dans son entourage un peu élargi on connaît inévitablement un ou plusieurs chômeurs de longue durée, un ou plusieurs dépressifs aux idées noires et au moral faiblard, une ou plusieurs familles en crise,... Dans les journaux on ne manque pas de constater les horreurs des faits divers : ici une boucherie dans un hôpital psychiatrique, là un pédophile, là-bas un viol, que sais-je encore... c'est devenu tellement courant un suicide, un viol, une disparition que la presse ne s'en émeut même plus!
Et puis on tombe sur ces rapports remis au gouvernement, sur ces sondages du moral économique du pays et du moral tout court des gens. Et alors on se dit que ce n’est pas brillant! Toute l'année dernière on nous a promis une "forte" croissance pour 2004, on ne l’a pas vu passer. Et dire que 2005 est censée être pire! Quelle agence de voyage propose un suicide collectif pour la nuit de la St Sylvestre?
Au total, cette Europe, elle ne serait pas bien belle à regarder si on occultait son extraordinaire réussite dans la réconciliation des peuples, dans l'installation durable de la paix et de la bonne entente. Cette Europe est si populaire en dehors de ses murs que tout le monde frappe à sa porte:"Eh, nous aussi on veut en profiter! Faites nous donc une petite place autour de votre cheminée commune!"
Ces succès indéniables doivent pouvoir se perpétuer. Pour cela l'économique doit fonctionner et rester attractif! L'Europe doit être un pôle concurrent à l'égal des Etats-Unis, un pôle qui attire les intellectuels, les investissements, les grandes entreprises pour pouvoir attirer des touristes et doper sa croissance. Il ne faut pas se voiler la face, l'explication économique des malaises sociaux n'est pas suffisante, mais la croissance guérirait bien des bobos de la société française.
La clé est dans une cohésion toujours plus prononcée des Etats membre de l'UE, mais aussi dans l'investissement massif de ces Etats dans la R&D. L'innovation est source de croissance et d'attractivité, elle est le fruit de la Recherche et de l'investissement. Et c'est bien par là que le bas blesse! Quand est-ce que les gouvernements et les grandes entreprises auront compris que c'est en investissant dans la recherche et non en réduisant ses coûts qu'on produira de la croissance pour l'avenir. Cessons de sacrifier la croissance et la production à venir par des aménagements à la marge, des réformettes, des économies de bouts de chandelle pour préserver quelques secteurs inévitablement en crise! Investir dans la recherche, dans la formation, dans l'éducation implique de faire des choix, de prendre l'argent ailleurs. A nos dirigeant de faire ces choix, à nous, citoyens-électeurs de les évaluer!
