Sale homophobe!
article : L'Assemblée nationale adopte en deuxième lecture le projet de loi sur les discriminations
source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-390009,0.html
Et voilà d'où vient l'expression "politiquement correct"! Ne pas choquer, ne pas sortir du lot, se borner à l'acceptable et le réglementer pour que personne n'en sorte. Et qui mieux que les femmes et les hommes politiques est bien placé pour défendre le politiquement correct, proche cousin de la pensée unique? Après les insultes antisémites, racistes, sexistes, voilà qu'on nous interdit les insultes homophobes. Quelle communauté les satyres en tout genre vont bien pouvoir se mettre sous la dent? Heureusement il nous reste les bonnes vieilles blagues sur les belges (mais notre appartenance commune à l'Union européenne nous les interdit de plus en plus) et on a encore le droit de s'en prendre à d'autres communautés pas encore assez influentes pour se défendre. Tiens, si on s'en prenait aux collectionneurs de timbres? Vas-y sale philatéliste! Attends tu m'prends pour qui là? J'suis pas un philatéliste! ... Mais il y a fort à parier que les traditionnelles bonnes âmes, les esprits humanistes et bien pensants de la société se mettraient à soutenir cette minorité opprimée en créant une association des collectionneurs de timbres unis et présents (Act-up) ou que Delarue ferait pleurer le populo en sortant de sa hotte un reportage larmoyant sur un fils plein d’appréhension qui montre à ses parents sa collection de timbres. Pour ne pas être en reste sur le sujet les censeurs de la république se fendraient alors d'une loi réprimandant les philatélistophobes!
Et puis, ces lois-censures ne sont jamais gratuites. Qu'elles répondent aux revendications d'une minorité qui se sent opprimée, c'est bien légitime, pourtant force est de constater que la vraie motivation de ces lois est toute autre. En effet, ces nouvelles réglementations du langage semblent souvent dues à l'ambition de se donner (voire de se racheter) une bonne conscience, si ce n'est au souci d'être bien vu des électeurs. Penchons-nous donc sur l'origine de ces textes : c'est après les excès de Vichy que l'on a condamné les insultes antisémites, c'est après l'oppression quasi bimillénaire des femmes qu'on s'est décidé à sanctionner les paroles sexistes, c'est après l'échec d'une politique d'intégration qu'on a opté pour la censure de tout propos arabophobe et aujourd'hui, c'est pour compenser le refus du mariage homo, pour pallier leur manque de reconnaissance dans la société que l'on se fend d'une condamnation quasi unanime des injures concernant l'orientation sexuelle des individus. C'est déjà bien de faire preuve de bonne volonté... a posteriori, on risque pas grand-chose et tout le monde est d’accord !
Puisqu’on en est à condamner, pourquoi ne pas décréter clairement que tout propos blessant pour un individu est passible de prison et pas seulement ceux qui sont dirigés vers une "communauté" en particulier, ce qui a pour conséquence de la marginaliser encore plus ? Du moment que la personne se sent injuriée, elle pourrait intenter un procès contre son agresseur verbal. Mais on aurait trop peur que Raffarin passe du coup plus de temps avec ses avocats qu’à Matignon (et après l’affaire Bérégovoy, ce ne serait pas sans fondement !). Sale bâtard, sale mongol, gros lard, pt'it nain ou vilain binoclard devraient être aussi sévèrement punis que sale PD ou sale juif, par souci d'égalité républicaine.
La sagesse voudrait que l'on condamne les excès sans brider le langage, c'est parfois si bon d'être grossier! Mais là est bien le problème, on commence par des petites insultes inoffensives et on termine par des coups de baramine dans le ventre. On en fini par "casser du PD" comme la milice allait "casser du juif"!
Les mots font parfois plus mal que les coups dit la morale populaire. Alors, pour que tout le monde soit content, on ménage les susceptibilités au péril de la liberté de parole et d'opinion. L'avenir nous dira si la loi votée est réellement applicable dans les faits. Etant donné qu'elle ne saura être rétroactive on peut se permettre un "j'suis pas une tapette!"... peut-être le dernier!
Et puis, ces lois-censures ne sont jamais gratuites. Qu'elles répondent aux revendications d'une minorité qui se sent opprimée, c'est bien légitime, pourtant force est de constater que la vraie motivation de ces lois est toute autre. En effet, ces nouvelles réglementations du langage semblent souvent dues à l'ambition de se donner (voire de se racheter) une bonne conscience, si ce n'est au souci d'être bien vu des électeurs. Penchons-nous donc sur l'origine de ces textes : c'est après les excès de Vichy que l'on a condamné les insultes antisémites, c'est après l'oppression quasi bimillénaire des femmes qu'on s'est décidé à sanctionner les paroles sexistes, c'est après l'échec d'une politique d'intégration qu'on a opté pour la censure de tout propos arabophobe et aujourd'hui, c'est pour compenser le refus du mariage homo, pour pallier leur manque de reconnaissance dans la société que l'on se fend d'une condamnation quasi unanime des injures concernant l'orientation sexuelle des individus. C'est déjà bien de faire preuve de bonne volonté... a posteriori, on risque pas grand-chose et tout le monde est d’accord !
Puisqu’on en est à condamner, pourquoi ne pas décréter clairement que tout propos blessant pour un individu est passible de prison et pas seulement ceux qui sont dirigés vers une "communauté" en particulier, ce qui a pour conséquence de la marginaliser encore plus ? Du moment que la personne se sent injuriée, elle pourrait intenter un procès contre son agresseur verbal. Mais on aurait trop peur que Raffarin passe du coup plus de temps avec ses avocats qu’à Matignon (et après l’affaire Bérégovoy, ce ne serait pas sans fondement !). Sale bâtard, sale mongol, gros lard, pt'it nain ou vilain binoclard devraient être aussi sévèrement punis que sale PD ou sale juif, par souci d'égalité républicaine.
La sagesse voudrait que l'on condamne les excès sans brider le langage, c'est parfois si bon d'être grossier! Mais là est bien le problème, on commence par des petites insultes inoffensives et on termine par des coups de baramine dans le ventre. On en fini par "casser du PD" comme la milice allait "casser du juif"!
Les mots font parfois plus mal que les coups dit la morale populaire. Alors, pour que tout le monde soit content, on ménage les susceptibilités au péril de la liberté de parole et d'opinion. L'avenir nous dira si la loi votée est réellement applicable dans les faits. Etant donné qu'elle ne saura être rétroactive on peut se permettre un "j'suis pas une tapette!"... peut-être le dernier!

2 Comments:
Je me permet de donner mon point de vue là aussi...Je crois pas que le fait d'interdire les insultes homophobes, dans le cas présent, soit un moyen du gouvernement de se donner bonne conscience ou quoi que ce soit. En effet, il n'a jamais caché son point de vue sur le sujet, et il y a un député je crois, qui disait que l'homosexualité était par définition un refus de l'altérité, donc une sorte de racisme, et donc que défendre du racisme au nom du non-racisme n'aurait pas de sens! Ceci-dit, les homosexuels sont comme ils sont, et la question n'est pas de défendre leur cause ou pas, mais simplement de se dire qu'ils sont des citoyens à part entière et donc d'assurer leur protection au même titre que les autres. Dans le cas de l'homophobie et contrairement aux "philathélistes" (pour reprendre ton exemple), il y a de la violence qui est impliquée, et plusieurs tragédies ont déjà eu lieu. Je trouve donc normal de condamner ce genre d'actes gratuits, au moins symboliquement. Non?
Florence,
flop_d[at]yahoo.fr
tout à fait d'accord! Il est très sain pour la société aujourd'hui de se créer de nouveaux "repères" qui passent par des actes symboliques. Les mots véhiculent des idées, les mots écoeurants véhiculent donc des idées tout aussi nauséabondes... dans cette perspective d'accord, mais ne surestime-t-on pas le pouvoir des mots? Quand "on" dit Nom de Dieu, nique ta mère, ou ch'uis pas un PD! qu'est-ce que cela signifie vraiment?
Que l'on fasse un pas vers les minorités cruellement opprimées (juifs, étrangers, femmes, homo,...) très bien, même très utile pour faire évoluer les mentalités, mais c'est un peu trop "tendance" et "politiquement correct" à mon gout et je ne suis pas certain de l'efficacité autre que symbolique de la loi. Qui va-t-on condamner en plus de ceux que l'on condamne déjà?
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