A quand un service public du cinéma?
article : En Ile-de-France, les cinémas publics font de la résistance
Il n'est pourtant pas difficile de trouver de quoi alimenter un petit commentaire aujourd'hui : entre les succès de la rue en Ukraine, les violences irakiennes, les problèmes de Kofi Annan à l'ONU et les promesses de Gbagbo en Côte d'Ivoire, l'actualité internationale fourmille de sujets croustillants à disséquer. Mais, un peu de chauvinisme ne fait pas de mal, l'actualité de notre cher Hexagone n'est pas en reste: entre la direction socialiste rénovée où se feront désormais entendre les barrissements de "jeunes néophytes motivés" (Lang, DSK, Aubry, Vaillant,...) comme on en avait pas vu depuis le second gouvernement Jospin, l'entente "historique" des Verts pendant environ 24h, le Téléthon, Miss France et ce bidasse aigri prêt à "tout faire péter" si on ne lui file pas un galon supplémentaire avant la retraite, les canards français et leurs éditorialistes ont eu de quoi se mettre sous la dent! Alors pourquoi cet article sur le cinéma de quartier, un sujet anecdotique et quasi anachronique par les temps qui courent?
Eh bien parce que, même si l'article auquel se réfère ce post est consacré aux cinés de la région parisienne, j'ai tendance à penser que le cinéma est une cause nationale! Le théâtre et la musique semblent avoir fait leur deuil artistique depuis longtemps. A part les lecteurs de Télérama et les auditeurs de France Inter, plus personne ne va voir la nouvelle mise en Scène de Phèdre, ou écouter l'interprétation originale de la Sonate au clair de lune par un quelconque orchestre départemental. Comme David face à Goliath (pour rester sobre!), comme le théâtre face à la Comédie musicale, comme la Sonate face à Obispo, comme Théma d'Arte face à Star Académy, le cinéma de quartier doit affronter de plus en plus la voracité des multiplexes. Je ne suis ni Eddy Mitchell, ni un acteur de Cinéma Paradiso, je ne cache pas qu'on a plus de place et des fauteuils plus confortables, des écrans plus grand et un son mieux rendu dans les nouveaux complexes de cinéma. Et pourtant! Quelle plaisir de revoir sur grand écran un Truffaut, un Bergman, quel plaisir aussi de ne pas subir ces versions françaises qui déforment notre perception des acteurs et du film, quel plaisir encore de découvrir des films à petit budget et petit nombre de copies mais très bons pour autant, quel plaisir enfin de pouvoir assister, même plusieurs semaines après sa sortie, à la projection d'un film qui n'a pas passé le million d'entrée. Ce n'est pas que je prône un culturisme intellectuel ou que je crache avec dégoût sur une évolution de la société de consommation avec laquelle je serais en décalage. J'apprécie volontiers les films "grand public", mais je trouve anormal qu'on ne laisse pas leur chance aux créations originales, étrangères (càd pas hollywoodiennes) ou à plus petit budget.
Les subventions publiques jouent sur ce point un rôle extrêmement salutaire. Non seulement pour ces petites salles de cinéma de quartier, non seulement pour ce type de cinéma particulier, non seulement pour le cinéma français en général, mais surtout pour la culture des Français dans son ensemble!
Quelle frustration pour les provinciaux d'entendre parler d'un film qu'ils ne pourraient voir qu'à Paris, quelle injustice pour eux de n'avoir le choix qu'entre Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux et la dernière production Disney! Et parmi ces jeunes bruyants qui mâchent des Hollywood (!) chewing-gum et grignotent des pop-corn, les pieds sur les fauteuils, beaucoup seraient captivés par le suspense d'un Hitchcock, d'un Clouzot ou d'un vieux Chabrol, beaucoup seraient émus par de vieux films français tels que La Cage aux Rossignols (qui a inspiré les très populaires Choristes), beaucoup seraient enchantés par les Western de Sergio Leone, certains ne manqueraient pas de rire aux pitreries d'un Chaplin ou d'un Keaton, certains enfin seraient sans doute ravi de découvrir le cinéma asiatique, arabe ou est-européen à côté (plutôt qu'à la place) des superproductions américaines!
Laissons donc une chance à ces cinémas d'exister pour laisser une chance aux jeunes de les découvrir, voilà une belle mission de service public qui couvre largement l'intérêt général.
Eh bien parce que, même si l'article auquel se réfère ce post est consacré aux cinés de la région parisienne, j'ai tendance à penser que le cinéma est une cause nationale! Le théâtre et la musique semblent avoir fait leur deuil artistique depuis longtemps. A part les lecteurs de Télérama et les auditeurs de France Inter, plus personne ne va voir la nouvelle mise en Scène de Phèdre, ou écouter l'interprétation originale de la Sonate au clair de lune par un quelconque orchestre départemental. Comme David face à Goliath (pour rester sobre!), comme le théâtre face à la Comédie musicale, comme la Sonate face à Obispo, comme Théma d'Arte face à Star Académy, le cinéma de quartier doit affronter de plus en plus la voracité des multiplexes. Je ne suis ni Eddy Mitchell, ni un acteur de Cinéma Paradiso, je ne cache pas qu'on a plus de place et des fauteuils plus confortables, des écrans plus grand et un son mieux rendu dans les nouveaux complexes de cinéma. Et pourtant! Quelle plaisir de revoir sur grand écran un Truffaut, un Bergman, quel plaisir aussi de ne pas subir ces versions françaises qui déforment notre perception des acteurs et du film, quel plaisir encore de découvrir des films à petit budget et petit nombre de copies mais très bons pour autant, quel plaisir enfin de pouvoir assister, même plusieurs semaines après sa sortie, à la projection d'un film qui n'a pas passé le million d'entrée. Ce n'est pas que je prône un culturisme intellectuel ou que je crache avec dégoût sur une évolution de la société de consommation avec laquelle je serais en décalage. J'apprécie volontiers les films "grand public", mais je trouve anormal qu'on ne laisse pas leur chance aux créations originales, étrangères (càd pas hollywoodiennes) ou à plus petit budget.
Les subventions publiques jouent sur ce point un rôle extrêmement salutaire. Non seulement pour ces petites salles de cinéma de quartier, non seulement pour ce type de cinéma particulier, non seulement pour le cinéma français en général, mais surtout pour la culture des Français dans son ensemble!
Quelle frustration pour les provinciaux d'entendre parler d'un film qu'ils ne pourraient voir qu'à Paris, quelle injustice pour eux de n'avoir le choix qu'entre Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux et la dernière production Disney! Et parmi ces jeunes bruyants qui mâchent des Hollywood (!) chewing-gum et grignotent des pop-corn, les pieds sur les fauteuils, beaucoup seraient captivés par le suspense d'un Hitchcock, d'un Clouzot ou d'un vieux Chabrol, beaucoup seraient émus par de vieux films français tels que La Cage aux Rossignols (qui a inspiré les très populaires Choristes), beaucoup seraient enchantés par les Western de Sergio Leone, certains ne manqueraient pas de rire aux pitreries d'un Chaplin ou d'un Keaton, certains enfin seraient sans doute ravi de découvrir le cinéma asiatique, arabe ou est-européen à côté (plutôt qu'à la place) des superproductions américaines!
Laissons donc une chance à ces cinémas d'exister pour laisser une chance aux jeunes de les découvrir, voilà une belle mission de service public qui couvre largement l'intérêt général.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home