jeudi, décembre 02, 2004

OUI! ...mais...et l'Europe dans tout ça?

article : Les socialistes disent "oui" à la Constitution européenne
source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-389271,0.html

Ouf! A un moment on a cru que les socialistes français avaient perdu la raison! Dire non à la Constitution européenne c’était dire non à la poursuite de la construction de l'Union. Quelle horreur pour un parti de gouvernement et, qui plus est, un parti de gauche ! En général, les réticences, on les trouvait parmi les extrêmes à droite chez les souverainistes et nationalistes, à gauche chez les communistes et les révolutionnaires internationalistes.
Et puis quelle idée de voter non même si c'est soi-disant par amour pour l'Europe. C'est avoir la mémoire courte. Le débat a déjà eu lieu en 1954 à l'occasion de la Communauté européenne de Défense (CED) et 1992 à l'occasion du précédent référendum sur l'Europe. Les argumentaires étaient similaires (imperfections du traité pour les uns, avancée de l'Europe pour les autres) seules les personnes - quoique pas toutes - ont changé. Comment peut-on croire encore aujourd’hui à un « non » de progrès alors que l’on connaît les difficultés de négociation à 25 et les réelles faiblesses institutionnelles de l’Europe actuelle, que ce projet tente de corriger. Et puis, les ambitieux devraient se poser cette question : quelle fortune politique a été donnée aux Séguin, Pasqua, de Villiers à droite et aux partisans de Chevènement et Marchais à gauche? Une marginalisation et un isolement au sein de l'échiquier politique qui perdure aujourd'hui encore. Ce « oui » apparaît donc comme un succès de l’idée européenne, mais aussi comme un succès du Parti socialiste qu’un « non » aurait sans doute paralysé, divisé, voire marginalisé pour longtemps…
Et pourtant ce scrutin, qui a bénéficié d'une couverture médiatique supérieure ou au moins égale à celle des dernières élections européennes au suffrage universel alors qu'il n'a concerné que 0,2% de la population, ne peut nous satisfaire complètement. Que l'on considère les arguments de campagne et les réactions qui ont eu le plus grand écho dans la presse et l'on sera surpris par leur opportunité et leur apport bénéfique dans le débat sur l’évolution de l’Union. Les arguments les plus imbéciles ont été fortement relayés par ce que les journalistes ont appelé le "camp du non": ne pas voter une nouvelle fois pour Chirac (un esprit naïf en conclurait que Chirac et la Constitution font une seule et même personne, une aura que ne mérite pas le président de la république), ne pas voter en faveur des délocalisations (ah oui, la constitution permettrait aux entreprises d'aller s'implanter à l'Est… mais l'argument était déjà anachronique, c'était au moment de l'élargissement et du traité de Nice qu'il fallait s'en inquiéter, la Constitution n'y change rien), permettre d'améliorer le texte proposé avant de l'inscrire « dans le marbre » ( c'est sûrement ce que ce sont dit les opposants à la CED à l'époque et, plus récemment, les Suisses qui s'opposaient à l'Espace économique européen en 1992. Il en a résulté dans les deux cas un blocage de très long terme)...
Mais, après les arguments, les réactions à la campagne du parti socialiste et au vote des militants ne sont pas en reste! Certes la position de Fabius a ouvert le débat sur le traité constitutionnel, certes cela a permis à beaucoup de français de s'interroger au sujet de celle-ci, mais n'a t-on pas plutôt entendu parler des ambitions de présidentiable de Laurent Fabius? Bien sûr aujourd'hui on lit dans les journaux que ce vote est un succès pour l'Europe. Mais n'y a-t-il pas toutes ces réactions sur "la victoire de M. Hollande", le succès personnel, le plébiscite de l'un contre la défaite de l'autre. "François Hollande l'a emporté et a renforcé sa position dans le club très fermé des présidentiables" peut-on lire un peu partout. De qui se moque-t-on? Si les sections traditionnellement plus à gauche, ou plus proche de MM. Fabius, Montebourg, Emmanuelli ont pu voter en masse pour le oui c'est bien que l'Europe leur importait plus que les destins politiques de l'un ou l'autre!
Alors on pousse un ouf de soulagement, mais en espérant que lors de la « vraie » campagne référendaire, en juin prochain, l'Europe sera bien au coeur des débats et non les oppositions gauche droite, voire les oppositions droite droite (Chirac Sarkozy Juppé), ou gauche gauche (Hollande Fabius DSK Jospin)! Parce qu'elle le vaut bien!

1 Comments:

At 5:30 PM, Anonymous Anonyme said...

pas tout compris ... on voit que tu fais des études politiques dis donc ...

Bien trop compliqué pour moi ce débat ...

On verra fin mai ce que finalement je décide ...

T'as des sites que je peux consulter pour essayer de comprendre ?

Maïe

 

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