Le plus haut du monde!
article : Le viaduc de Millau, l'ouvrage d'art de tous les records
source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-390720,0.html
Cocorico! Voilà ce qu'on peut lire dans la presse ce matin. Non, on n’a pas gagné une nouvelle coupe du monde, Zidane est plus là, et de toute façon les Bleus ne marquent plus.
Non, cocorico! C’est le cri rieur du coq gaulois qui s'extasie de son nouveau bébé: un géant de 343 mètres et de 242 000 tonnes qui, après 39 mois de gestation, va pousser son premier cri aujourd'hui à Millau. Cocorico parce quand on voit ce qu'on voit et quand on entend ce qu'on entend sur le déclin français (pas seulement en football), sur les mauvaises performances de l'économie nationale, sur les échecs de la diplomatie, sur le manque d'innovation,... on se prend parfois à croire qu'on a raison de penser ce qu'on pense, c'est à dire d'imaginer qu'on vit dans un pays croulant de la vieille Europe. Dans une France qui serait comme une vieille grand-mère pétrie de bonnes manières et de valeurs, mais incapable d’appréhender la modernité, ni d'avoir la moindre autorité. Au mieux inspire-t-elle du respect, quand ce n'est pas plutôt de la compassion...
Mais aujourd'hui, le cocorico, c'est un cri de réveil. Hormis les prouesses technologiques dont il est le fruit, ce viaduc, qui concentre tous les superlatifs, a la caractéristique rare d'être né quasi uniquement de fonds privés. Comme quoi l'entreprise a la capacité de prendre utilement le relais de l'Etat pour le financement et la réalisation d'ouvrages d'intérêt public. D'autant que cet ouvrage d'art a réussi à gagner l'assentiment voire l'admiration des riverains (et quels riverains!), et des associations écologistes qui n'ont apparemment pas bronché devant ce projet pharaonique. Mais c'est peut-être parce que pour l'architecte anglais lord Norman Foster qui a conçu ce pont « l'oeuvre de l'homme doit fusionner avec la nature». A l'entendre, on se demande d'ailleurs s'il n'aurait pas été utile d'imaginer une « aire de spiritualité » au milieu du pont. En effet, selon lui, en dehors de l'aspect pratique de l'infrastructure, « il y a aussi des besoins qu'on ne peut mesurer, plus "spirituels". Idéalement, passer sur le pont doit vous permettre de vous "élever", le regarder doit provoquer une émotion ». En plus des millions d'aoûtiens, des milliers de touristes curieux, de la centaine d'employés occupés à sa sécurité, on risque donc de retrouver bientôt une dizaine de bouddhistes en pleine lévitation sur la bande d'arrêt d'urgence!
Cocorico! Soyons donc fiers de notre dernière prouesse bien française. Après le roquefort, après nos verts pâturages, après nos combats contre la malbouffe, nos opérations anti-OGM et anti-MacDo, si propres à l'exception française, cet objet d'art va amener le monde à penser que les racines de la culture françaises sont plongées au coeur du plateau de Millevaches, qu'Astérix n'est pas un gaulois armoricain, mais un paysan sur un tracteur qui démonte des MacDo et vit sous un pont, et que Gustave Eiffel est le saint patron de l’Hexagone!
Mais enfin, au delà de la gloire nationale, c'est toute une région - le massif central - que dis-je c'est toute une ville -Millau - qui doit être fière. Après les paysans français, après les consommateurs de la Bonnbouffe, après les palestiniens, après les paysans sans terre d'Amérique latine, après tant d’autres miséreux, la voilà qui se met à la place d'une des plus fortes minorités opprimées du monde, celle qui vit sous les ponts!
Non, cocorico! C’est le cri rieur du coq gaulois qui s'extasie de son nouveau bébé: un géant de 343 mètres et de 242 000 tonnes qui, après 39 mois de gestation, va pousser son premier cri aujourd'hui à Millau. Cocorico parce quand on voit ce qu'on voit et quand on entend ce qu'on entend sur le déclin français (pas seulement en football), sur les mauvaises performances de l'économie nationale, sur les échecs de la diplomatie, sur le manque d'innovation,... on se prend parfois à croire qu'on a raison de penser ce qu'on pense, c'est à dire d'imaginer qu'on vit dans un pays croulant de la vieille Europe. Dans une France qui serait comme une vieille grand-mère pétrie de bonnes manières et de valeurs, mais incapable d’appréhender la modernité, ni d'avoir la moindre autorité. Au mieux inspire-t-elle du respect, quand ce n'est pas plutôt de la compassion...
Mais aujourd'hui, le cocorico, c'est un cri de réveil. Hormis les prouesses technologiques dont il est le fruit, ce viaduc, qui concentre tous les superlatifs, a la caractéristique rare d'être né quasi uniquement de fonds privés. Comme quoi l'entreprise a la capacité de prendre utilement le relais de l'Etat pour le financement et la réalisation d'ouvrages d'intérêt public. D'autant que cet ouvrage d'art a réussi à gagner l'assentiment voire l'admiration des riverains (et quels riverains!), et des associations écologistes qui n'ont apparemment pas bronché devant ce projet pharaonique. Mais c'est peut-être parce que pour l'architecte anglais lord Norman Foster qui a conçu ce pont « l'oeuvre de l'homme doit fusionner avec la nature». A l'entendre, on se demande d'ailleurs s'il n'aurait pas été utile d'imaginer une « aire de spiritualité » au milieu du pont. En effet, selon lui, en dehors de l'aspect pratique de l'infrastructure, « il y a aussi des besoins qu'on ne peut mesurer, plus "spirituels". Idéalement, passer sur le pont doit vous permettre de vous "élever", le regarder doit provoquer une émotion ». En plus des millions d'aoûtiens, des milliers de touristes curieux, de la centaine d'employés occupés à sa sécurité, on risque donc de retrouver bientôt une dizaine de bouddhistes en pleine lévitation sur la bande d'arrêt d'urgence!
Cocorico! Soyons donc fiers de notre dernière prouesse bien française. Après le roquefort, après nos verts pâturages, après nos combats contre la malbouffe, nos opérations anti-OGM et anti-MacDo, si propres à l'exception française, cet objet d'art va amener le monde à penser que les racines de la culture françaises sont plongées au coeur du plateau de Millevaches, qu'Astérix n'est pas un gaulois armoricain, mais un paysan sur un tracteur qui démonte des MacDo et vit sous un pont, et que Gustave Eiffel est le saint patron de l’Hexagone!
Mais enfin, au delà de la gloire nationale, c'est toute une région - le massif central - que dis-je c'est toute une ville -Millau - qui doit être fière. Après les paysans français, après les consommateurs de la Bonnbouffe, après les palestiniens, après les paysans sans terre d'Amérique latine, après tant d’autres miséreux, la voilà qui se met à la place d'une des plus fortes minorités opprimées du monde, celle qui vit sous les ponts!

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