lundi, novembre 29, 2004

"Restez fidèle ... au préservatif"

article : Le sida progresse en France, avec 6 000 nouveaux séropositifs en 2003
sources : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-388673,0.html

Laissons aujourd'hui aux chroniqueurs français de tout poil le plaisir d'analyser, de commenter, de disséquer ou de critiquer le sacre de Monsieur N. et concentrons nous sur un sujet beaucoup moins réjouissant. Vendredi dernier, l'Institut de veille sanitaire rendait publics les chiffres concernant l'épidémie du sida en France. Après une forte période de mobilisation marquée par le lancement d'opérations de solidarité-sida dans les médias, par des campagnes d'information massives sur les lieux de travail, à l'école, dans les bars, par la mobilisation d'artistes, de sportifs, ou d'hommes et de femmes politiques, l'effort et la médiatisation ont donné de dangereux signes de faiblesse, laissant croire l'extinction du virus en France. En Afrique oui, c'est grave, il faut les aider, en Europe plus personne ne doit avoir le sida, les gens savent se protéger non? Et y'aurait pas un vaccin existant, les trithérapies, tout ça?
Que de fausses idées, et quelles conséquences désastreuses (baisse de la protection, des dépistages...)! Aujourd'hui, gueule de bois. Avec 6000 nouveaux cas par an, soit 1000 de plus qu'estimé jusqu'ici, l'expansion du sida en France n'est pas stoppée ni même ralentie et touche aujourd'hui près de 100 000 personnes. Largement de quoi lancer une vaste opération de santé publique, d’autant que, dans 30% des cas, les individus ont été infectés dans les 6 derniers mois.
Mais, s’il est bien beau et très utile de distribuer de l’argent pour lutter contre le sida, il ne faut pas négliger la prévention qui passe par la responsabilisation des individus. Il faut briser ces idées reçues du type « le sida c’est pour les autres », « on se connaît, on se fait confiance, on ne va pas se protéger », ou pire « plus personne ne meurt du sida dans les pays développés ». Cela ne veut pas dire devenir méfiant à tout crin, suspecter le partenaire ou lui demander son certificat de séronégativité avant tout rapport. Cela veut dire prendre conscience de sa situation, avoir « l’âge de raison sexuel » qui permet, au vu de sa sexualité, de savoir si un dépistage est justifié, l’âge de raison qui enjoint à quelqu’un de s’abstenir en cas de doute pour ne pas devenir criminel, en bref, l’âge de raison qui fait qu’on connaît « l’outil », mais aussi son « mode d’emploi ». Cet « age de raison sexuel » certains l’ont (beaucoup), d’autres pas. Bercés d’illusions, trop jeunes pour comprendre ou trop hédonistes pour se freiner, ces derniers sont d’apprentis sorciers (et on peut l’être à tout âge) qui jouent avec un instrument qu’ils ne maîtrisent pas.
C’est vrai qu’entre le « jouissez sans entraves » et le « restez fidèle », il y a un gouffre qu’on essaie de combler aujourd’hui par un « restez fidèle au préservatif ». C’est délicat de dire à quelqu’un de jouir avec une « entrave » de latex, mais c’est le prix minimum à payer pour pouvoir se permettre une sexualité libérée et un zapping sexuel (certains parlent de « vagabondage »).
Enfin l’argent, il faut aussi l’injecter à haute dose dans la recherche. Il nous faut absolument une armée de nouveaux Pasteur pour libérer le monde, et l’Afrique en particulier, de cette « rage de l’an 2000 ». C’est trop horrible aujourd’hui d’imaginer que l’acte d’amour et de plaisir puisse devenir parfois un acte de mort.

1 Comments:

At 11:18 AM, Anonymous Anonyme said...

mais que dirait ta maman. Affreux libertaire!!!!

 

Enregistrer un commentaire

<< Home