Ukraine : "c'est à la rue de parler"
articles : Ukraine : la victoire de Ianoukovitch proclamée officiellement /
Ukraine Premier Is Named Winner; U.S. Assails Move
sources : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-388306,0.html / http://www.nytimes.com/2004/11/25/international/europe/25ukraine.html?hp&ex=1101445200&en=4fb47dc5132b9a4b&ei=5094&partner=homepage
Aujourd'hui grande nouveauté sur le blog, j'élargis mes sources! Je ne vais pas m'en tenir exclusivement aux articles du Monde. En effet, par souci d'objectivité et de complémentarité des points de vue sur un sujet international important comme l'est actuellement la question ukrainienne, j'ajoute une source étrangère, américaine pour l'occasion, le New York Times.
Les faits relatés par la presse sont les mêmes et, depuis dimanche, on commence à les connaître : les citoyennes et les citoyens ukrainiens ont été appelés aux urnes dimanche dernier pour élire leur nouveau président. Des deux principaux candidats en lice, l'un (Ianoukovitch) est soutenu par le président sortant et par la Russie qui en a fait son favori, l'autre (Iouchtchenko) est le candidat de l'opposition, il milite pour un rapprochement avec l'Union européenne et l'OTAN. Lors des sondages à la sortie des urnes, on annonce le second largement favori et pourtant, contre toute attente, hier, c'est le premier qui a été déclaré vainqueur (après avoir été félicité par un Poutine très paternaliste pour l'occasion). Bourrages d'urnes en tout genre, falsification des résultats, pertes de bulletins en provenance de l'ouest du pays,... les soupçons de fraudes se sont depuis multipliés incitant l'opposition politique ainsi que les citoyens à se mobiliser et à descendre dans la rue malgré les menaces de l'armée et le froid des premières neiges hivernales.
L'UE, les Etats-Unis, l'OSCE ont fait part de leur mécontentement quant à la transparence du scrutin et de leurs soupçons sur la légitimité du vainqueur proclamé, tandis que la Russie - on allait dire l'URSS - déclarait sa pleine confiance dans ces résultats.
Comme les journalistes et chroniqueurs ne cessent de le souligner, on se croirait en pleine guerre froide! Alors que l'UE et les Etats-Unis ont pris l’habitude de se faire « crème » pour conserver de bonnes relations avec la Russie (malgré la Tchétchénie, malgré Beslan et l'opéra de Moscou, malgré la Géorgie,...), l'épisode ukrainien est un cheveu de plus dans la soupe de la bonne entente !
Après l'entrée dans l'OTAN de sept pays de l'est européen, après l'élargissement de l'UE, la Russie commence à se sentir isolée en Europe et Poutine se prendrait à regretter l'ancien "glacis protecteur" de l'URSS soviétique qu'il s'attachait à défendre quand il était au KGB! Quelle perte pour la Russie si la "petite Russie", comme on appelle l'Ukraine, devait désormais privilégier ses rapports avec l'Ouest! Ce grand pays-tampon entre Europe et Russie est supposé héberger à Kiev les racines de la culture russe, l'attachement de Poutine semblerait légitime. Mais de là à y truquer la démocratie, de la à accepter qu'on empoisonne les opposants...
Les méfiances exprimées en Europe, et aux Etats-Unis n'ont pas trop plu, on le comprend, à l'équipe au pouvoir en Ukraine. Quand les premiers ont été accusés de soutenir l'opposition, les seconds se sont entendu dire, par la responsable de campagne de Ianoukovitch : "J'aurais préféré l'élection de John Kerry à la place de Bush, je n'ai pas pour autant pris mon téléphone pour leur dire de changer de président!"
Et pourtant, malgré les menaces de l'occident, malgré les demandes de nouveau décompte, malgré les propositions d'un nouveau scrutin en présence d'observateurs internationaux, malgré les réclamations de l'opposition, la Commission électorale a tranché en faveur du candidat du pouvoir en place. Cette décision, on le devine, n’a pas calmé les esprits, bien au contraire. Après une campagne électorale contrainte par sa maladie (qui a germé bizarrement à la suite d’un dîner avec les chefs des services spéciaux) et son exclusion des médias publics, le candidat de l’opposition Iouchtchenko ne pouvait en rester là. Devant cette parodie de démocratie, poussés par le sentiment d'avoir été trompés par leurs dirigeants, l'opposition a mobilisé ses électeurs et la population s'est rassemblée en masse dans les rues, n'hésitant pas à planter la tente dans le froid, à appeler à la grève générale, et à inviter les forces de l'ordre à les rejoindre pour crier leur mécontentement.
La mobilisation a fait son effet: si elle n’est pas (encore ?) parvenue à déloger le vainqueur proclamé, au moins elle aura attiré les médias occidentaux qui constituent un relais idéal des revendications des populations mobilisées. La médiatisation du conflit (encore pacifique pour l’instant) est une pression supplémentaire sur les chefs d'Etats étrangers qui sont clairement appelés à se mobiliser pour la cause ukrainienne et ne peuvent fermer les yeux sur l’opacité du scrutin. Comme l'a affirmé un député de l'opposition ukrainienne : "Tous les moyens judiciaires ayant été épuisés, c'est désormais à la rue de parler"
Les faits relatés par la presse sont les mêmes et, depuis dimanche, on commence à les connaître : les citoyennes et les citoyens ukrainiens ont été appelés aux urnes dimanche dernier pour élire leur nouveau président. Des deux principaux candidats en lice, l'un (Ianoukovitch) est soutenu par le président sortant et par la Russie qui en a fait son favori, l'autre (Iouchtchenko) est le candidat de l'opposition, il milite pour un rapprochement avec l'Union européenne et l'OTAN. Lors des sondages à la sortie des urnes, on annonce le second largement favori et pourtant, contre toute attente, hier, c'est le premier qui a été déclaré vainqueur (après avoir été félicité par un Poutine très paternaliste pour l'occasion). Bourrages d'urnes en tout genre, falsification des résultats, pertes de bulletins en provenance de l'ouest du pays,... les soupçons de fraudes se sont depuis multipliés incitant l'opposition politique ainsi que les citoyens à se mobiliser et à descendre dans la rue malgré les menaces de l'armée et le froid des premières neiges hivernales.
L'UE, les Etats-Unis, l'OSCE ont fait part de leur mécontentement quant à la transparence du scrutin et de leurs soupçons sur la légitimité du vainqueur proclamé, tandis que la Russie - on allait dire l'URSS - déclarait sa pleine confiance dans ces résultats.
Comme les journalistes et chroniqueurs ne cessent de le souligner, on se croirait en pleine guerre froide! Alors que l'UE et les Etats-Unis ont pris l’habitude de se faire « crème » pour conserver de bonnes relations avec la Russie (malgré la Tchétchénie, malgré Beslan et l'opéra de Moscou, malgré la Géorgie,...), l'épisode ukrainien est un cheveu de plus dans la soupe de la bonne entente !
Après l'entrée dans l'OTAN de sept pays de l'est européen, après l'élargissement de l'UE, la Russie commence à se sentir isolée en Europe et Poutine se prendrait à regretter l'ancien "glacis protecteur" de l'URSS soviétique qu'il s'attachait à défendre quand il était au KGB! Quelle perte pour la Russie si la "petite Russie", comme on appelle l'Ukraine, devait désormais privilégier ses rapports avec l'Ouest! Ce grand pays-tampon entre Europe et Russie est supposé héberger à Kiev les racines de la culture russe, l'attachement de Poutine semblerait légitime. Mais de là à y truquer la démocratie, de la à accepter qu'on empoisonne les opposants...
Les méfiances exprimées en Europe, et aux Etats-Unis n'ont pas trop plu, on le comprend, à l'équipe au pouvoir en Ukraine. Quand les premiers ont été accusés de soutenir l'opposition, les seconds se sont entendu dire, par la responsable de campagne de Ianoukovitch : "J'aurais préféré l'élection de John Kerry à la place de Bush, je n'ai pas pour autant pris mon téléphone pour leur dire de changer de président!"
Et pourtant, malgré les menaces de l'occident, malgré les demandes de nouveau décompte, malgré les propositions d'un nouveau scrutin en présence d'observateurs internationaux, malgré les réclamations de l'opposition, la Commission électorale a tranché en faveur du candidat du pouvoir en place. Cette décision, on le devine, n’a pas calmé les esprits, bien au contraire. Après une campagne électorale contrainte par sa maladie (qui a germé bizarrement à la suite d’un dîner avec les chefs des services spéciaux) et son exclusion des médias publics, le candidat de l’opposition Iouchtchenko ne pouvait en rester là. Devant cette parodie de démocratie, poussés par le sentiment d'avoir été trompés par leurs dirigeants, l'opposition a mobilisé ses électeurs et la population s'est rassemblée en masse dans les rues, n'hésitant pas à planter la tente dans le froid, à appeler à la grève générale, et à inviter les forces de l'ordre à les rejoindre pour crier leur mécontentement.
La mobilisation a fait son effet: si elle n’est pas (encore ?) parvenue à déloger le vainqueur proclamé, au moins elle aura attiré les médias occidentaux qui constituent un relais idéal des revendications des populations mobilisées. La médiatisation du conflit (encore pacifique pour l’instant) est une pression supplémentaire sur les chefs d'Etats étrangers qui sont clairement appelés à se mobiliser pour la cause ukrainienne et ne peuvent fermer les yeux sur l’opacité du scrutin. Comme l'a affirmé un député de l'opposition ukrainienne : "Tous les moyens judiciaires ayant été épuisés, c'est désormais à la rue de parler"

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