L'Europe à la rescousse
article: Face à l'Amérique de Bush, les responsables politiques misent sur l'Europe
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-385735,0.html
Laissons de côté le cas Arafat pour le moment. Il semble en effet que le sujet soit un peu trop brûlant et les informations trop contradictoires pour s'y attaquer aujourd'hui.
Le titre de l'article cité en source était déjà évocateur: alors comme ça les responsables politiques croiraient en l'Europe!? Telle absurdité au vu de la situation européenne actuelle méritait de lire le papier en profondeur. On y apprend que, face au succès républicain aux Etats-Unis contre les préférences de la majorité des européens, les hommes politiques français ont exprimé leur "besoin d'Europe", leur foi en la force de l'Union face au concurrent américain. Les américains sont donc si différents de nous (ils élisent un président qui soutien la peine de mort, qui s'oppose, entre autres, à l'avortement et à l'union homosexuelle...) constatent ces responsables politiques, cela mérite qu'on se rassemble autour du projet européen... voilà en quelques mots l'essentiel des réactions de la classe politique française au lendemain de la victoire de M. Bush.
Les mauvaises langues diront que c'était un prétexte supplémentaire pour que MM. Fabius et Emmanuelli fassent entendre leur différence : L’ultralibéralisme de Bush est mauvais, donc il nous faut une Europe forte, donc pas libérale, donc sans cette maudite constitution! Tout évènement est bon pour faire entendre sa voix dans les médias, bientôt on va nous dire que M. Arafat agonise parce que la future constitution européenne favorise les délocalisations!!!
Mais là n'est pas le plus surprenant! Quel plaisir pour un européen convaincu d'entendre tant de bien du projet européen commun, quelle joie de voir la classe politique animée par sa foi dans l'Union! Pour une fois.... Pour une fois que l'Europe n'est pas réduite à la méchante Commission de Bruxelles qui veut réduire les subventions aux agriculteurs français, ou empêcher l'Etat d'aider telle ou telle entreprise nationale à surmonter la crise. Pour une fois que l'Europe n'est pas assimilée à ces technocrates de Bruxelles qui nous obligent à privatiser nos entreprises publiques, et à augmenter l'âge de départ à la retraite. Pour une fois que l'Europe n'est pas décrite comme cette administration gourmande qui nous oblige à serrer la ceinture pour pouvoir traiter avec nos partenaires économiques et aider les nouveaux adhérents. Pour une fois que l'Europe n'est pas seulement un multiplicateur des délocalisations, la cause du chômage, du ralentissement économique, de la pluie ou de mon mal de dents... Pour une fois que l'Europe n'est pas seulement la Turquie! On peut se réjouir. Alors c'est bien vrai, ce n'est pas uniquement pendant la campagne électorale pour les élections européennes que les politiciens français aiment l'Europe?
Ce contrepoids européen que les parlementaires appellent de leurs voeux doit passer par un renforcement de l'union au sein de l'Europe. Cette union ne pourra exister qu'avec le soutien de l'opinion publique. Or, dans la majorité des Etats membres, on a trop tendance à accuser l'Europe de tous les maux à en faire un bouc émissaire pour mieux dissimuler ses mauvais choix. Et après on s'étonne du faible engouement des populations pour le projet européen! Pour formaliser cette union, rien de mieux qu'une constitution. Faisons fi des intérêts personnels, des prises de positions tacticiennes et votons donc ce projet, certes très perfectible, mais nécessaire aujourd'hui pour relancer l'élan européen. Si au moins les élections américaines pouvaient être un déclic, ce serait au moins un point positif...

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home