Internet, média, associations: l'engagement pour une campagne
article: Le combat médiatique entre les deux candidats a été sans merci
Et maintenant l'union! Voilà en résumé l'idée principale développée par le candidat malheureux à l'élection présidentielle américaine dans son discours d'adieu.
Facile à dire après l'acharnement de chacun des candidats à stigmatiser les faiblesses et les "formidables erreurs de jugement " de l'adversaire à l'occasion de débats très médiatiques, à coup de communiqués assassins et de discours combattants.
Facile à dire après l'usage massif de la moquerie et des stéréotypes réducteurs, après la dénégation de l'autre et de ses idées, après la diffusion de clips plus ou moins truqués clamant les performances et la gloire de l'un ou crachant le mépris des idées adverses.
Facile à dire après des dépenses de campagnes abracadabrantesques, destinées à monter une Amérique contre l'autre (cf. le titre choisi par C. Ockrent: Bush - Kerry, les deux Amérique), après la constitution de nombreuses associations aux manifestations souvent plus proches des clubs de supporters que des groupes de réflexion politique.
Facile à dire enfin, après la multiplication des émissions de télé à l'élévation intellectuelle proche du néant, où les candidats ont dû chanter de la variétoche, rire à des sketchs bidons ou raconter la dernière histoire de Toto (ou son équivalent américain), après tous ces articles sur la jeunesse alcoolique de l'un et l'engagement au Vietnam de l'autre, après l'explosion du nombre de sites web et de blogs sur lesquels - contrairement à la presse en général - "tout est permis", y compris l'annonce précoce de faux résultats, la diffusion de rumeurs aussi fausses que dégradantes, la pratique de la calomnie...
Et maintenant l'union donc! Rassemblons dans ces Etats UNIS tous ces citoyens qui se sont opposés et insultés pendant plusieurs mois d'une campagne aussi éprouvante que féroce pour les deux candidats. Rassemblons derrière le nouveau président tous ces citoyens qui pensent que cet ancien alcoolique illuminé par une Révélation, fortement soutenu par les milieux réactionnaires, la National Rifle Association, les milieux économiques (Halliburton!), est tout à fait incapable de mettre fin à la guerre en Irak, d'assurer la croissance économique du pays et de sauvegarder sa protection sociale déjà si faible face à la hausse du chômage.
La virulence de la campagne américaine a assuré un suspense haletant jusqu'au dernier jour et une belle publicité pour le droit de vote. Kerry, largement distancé dans les sondages en septembre après la convention républicaine, a décidé ensuite de rendre coup pour coup, de se rapprocher de l'américain moyen. Cela a redonné du piment et de l'enjeu à l'élection du 2 novembre et on peut penser que ce suspense a incité les citoyens à exprimer leur point de vue en se rendant aux urnes malgré les files d'attentes devant certains bureaux de vote.
L'impact médiatique de cette élection est aussi dû en grande partie à l'investissement personnel et collectif des citoyens des deux camps. Les premiers bilans de la campagne américaine soulignent le rôle joué par Internet (avec ses blogs, ses médias en ligne, ses forums de discussion...) dans cette campagne. Par ce biais, chacun pouvait exprimer son opinion, ses attentes, ses revendications et ses déceptions à l'attention de tous. Certains blogs ont atteint une audience de plus de 500 000 visites! Mais l'investissement a aussi (et surtout) été financier: entre 1,2 et 1,6 milliards de dollars auraient été dépensés, soit le double des frais occasionnés par la campagne de 2000.
Le quart de cette somme aurait déjà été considéré comme du gaspillage en Afghanistan à l'occasion des élections présidentielles. La victoire officielle de M. Karzai a fait moins de bruit que celle de M. Bush mais elle a son importance. Comme le précisait ce matin Bayrou à la radio: s'il y avait une décision de la première législature de GWB à retenir, c'est bien l'invasion coordonnée de l'Afghanistan en réponse aux attentats de 2001. Les Talibans et leur dictature se sont évanouis dans les montagnes, Ben Laden se cache dans une grotte, la musique et la télévision ont refait leur apparition et l'Afghanistan vient d'élire démocratiquement son premier président dont le succès a été validé par les observateurs de l'ONU.
Que souhaiter d'autre au président américain, sinon de parvenir à réussir en Irak ce qui a fait le succès de l'intervention en Afghanistan. Mais il est vrai que pour cette dernière, l'engagement des forces était coordonné et parrainé par l'ONU et l'OTAN. De l'entente et de la coordination donc, d'unilatéralisme point.
Facile à dire après l'acharnement de chacun des candidats à stigmatiser les faiblesses et les "formidables erreurs de jugement " de l'adversaire à l'occasion de débats très médiatiques, à coup de communiqués assassins et de discours combattants.
Facile à dire après l'usage massif de la moquerie et des stéréotypes réducteurs, après la dénégation de l'autre et de ses idées, après la diffusion de clips plus ou moins truqués clamant les performances et la gloire de l'un ou crachant le mépris des idées adverses.
Facile à dire après des dépenses de campagnes abracadabrantesques, destinées à monter une Amérique contre l'autre (cf. le titre choisi par C. Ockrent: Bush - Kerry, les deux Amérique), après la constitution de nombreuses associations aux manifestations souvent plus proches des clubs de supporters que des groupes de réflexion politique.
Facile à dire enfin, après la multiplication des émissions de télé à l'élévation intellectuelle proche du néant, où les candidats ont dû chanter de la variétoche, rire à des sketchs bidons ou raconter la dernière histoire de Toto (ou son équivalent américain), après tous ces articles sur la jeunesse alcoolique de l'un et l'engagement au Vietnam de l'autre, après l'explosion du nombre de sites web et de blogs sur lesquels - contrairement à la presse en général - "tout est permis", y compris l'annonce précoce de faux résultats, la diffusion de rumeurs aussi fausses que dégradantes, la pratique de la calomnie...
Et maintenant l'union donc! Rassemblons dans ces Etats UNIS tous ces citoyens qui se sont opposés et insultés pendant plusieurs mois d'une campagne aussi éprouvante que féroce pour les deux candidats. Rassemblons derrière le nouveau président tous ces citoyens qui pensent que cet ancien alcoolique illuminé par une Révélation, fortement soutenu par les milieux réactionnaires, la National Rifle Association, les milieux économiques (Halliburton!), est tout à fait incapable de mettre fin à la guerre en Irak, d'assurer la croissance économique du pays et de sauvegarder sa protection sociale déjà si faible face à la hausse du chômage.
La virulence de la campagne américaine a assuré un suspense haletant jusqu'au dernier jour et une belle publicité pour le droit de vote. Kerry, largement distancé dans les sondages en septembre après la convention républicaine, a décidé ensuite de rendre coup pour coup, de se rapprocher de l'américain moyen. Cela a redonné du piment et de l'enjeu à l'élection du 2 novembre et on peut penser que ce suspense a incité les citoyens à exprimer leur point de vue en se rendant aux urnes malgré les files d'attentes devant certains bureaux de vote.
L'impact médiatique de cette élection est aussi dû en grande partie à l'investissement personnel et collectif des citoyens des deux camps. Les premiers bilans de la campagne américaine soulignent le rôle joué par Internet (avec ses blogs, ses médias en ligne, ses forums de discussion...) dans cette campagne. Par ce biais, chacun pouvait exprimer son opinion, ses attentes, ses revendications et ses déceptions à l'attention de tous. Certains blogs ont atteint une audience de plus de 500 000 visites! Mais l'investissement a aussi (et surtout) été financier: entre 1,2 et 1,6 milliards de dollars auraient été dépensés, soit le double des frais occasionnés par la campagne de 2000.
Le quart de cette somme aurait déjà été considéré comme du gaspillage en Afghanistan à l'occasion des élections présidentielles. La victoire officielle de M. Karzai a fait moins de bruit que celle de M. Bush mais elle a son importance. Comme le précisait ce matin Bayrou à la radio: s'il y avait une décision de la première législature de GWB à retenir, c'est bien l'invasion coordonnée de l'Afghanistan en réponse aux attentats de 2001. Les Talibans et leur dictature se sont évanouis dans les montagnes, Ben Laden se cache dans une grotte, la musique et la télévision ont refait leur apparition et l'Afghanistan vient d'élire démocratiquement son premier président dont le succès a été validé par les observateurs de l'ONU.
Que souhaiter d'autre au président américain, sinon de parvenir à réussir en Irak ce qui a fait le succès de l'intervention en Afghanistan. Mais il est vrai que pour cette dernière, l'engagement des forces était coordonné et parrainé par l'ONU et l'OTAN. De l'entente et de la coordination donc, d'unilatéralisme point.

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