Euro fort - Europe faible
article: Les déficits américains poussent l'euro vers de nouveaux records historiques
Comme au début de l'année 2004, experts et politiciens s'inquiètent de l'appréciation de la monnaie européenne pour la croissance économique de la zone euro. Il est vrai que cette année, l'Euro a dépassé à plusieurs reprises les "records historiques" de sa cotation par rapport au dollars en s'approchant des 1,30$. Au lancement de l'Euro, en 1999 et en 2000, sa valeur était descendue jusqu'à 0,82$ pour une unité, c'est dire si aujourd'hui la situation est complètement inversée.
Sans être spécialiste des politiques économiques, on en comprend facilement les enjeux. L'appréciation de l'Euro peut s'avérer nocive pour la croissance économique, qui repart timidement en Europe alors qu'elle demeure conséquente aux Etats-Unis. En effet, en rendant les produits européens plus coûteux comparativement aux produits américains, cette hausse de l'Euro constitue un réel frein aux exportations et peut entraîner un déficit de la balance du commerce extérieur (différence entre les exportations et les importations sur une année) en Europe alors que l'économie américaine pourra profiter d'une hausse des exportations de ses produits rendus plus attractifs.
La Banque centrale européenne peut juguler cette appréciation de l'Euro en abaissant ses taux d'intérêt pourtant déjà peu élevés (ce qui rendrait la monnaie européenne moins attractive aux investisseurs), mais ses statuts l'engagent moins à assurer la croissance économique et le progrès social de la zone euro, qu'à limiter l'inflation. D'autant plus que la hausse du prix du pétrole constitue une réelle menace pour cette dernière… Un euro fort permet en effet de limiter les conséquences de la hausse du prix du pétrole exprimé en dollars.
C'est bien l'injustice des lois économiques et l'irrationalité des lois du marché qui apparaissent aujourd'hui dans ces chiffres. Ne cessant d'affirmer qu'ils suivent une politique de dollar fort, les Etats-Unis laissent filer la valeur de leur devise nationale dans leur intérêt national: cela favorise leur croissance économique et éponge en partie le gigantesque déficit de la balance extérieure qu'ils se traînent.
C'est bien l'injustice des lois économiques et l'irrationalité des lois du marché qui apparaissent aujourd'hui dans ces chiffres. Ne cessant d'affirmer qu'ils suivent une politique de dollar fort, les Etats-Unis laissent filer la valeur de leur devise nationale dans leur intérêt national: cela favorise leur croissance économique et éponge en partie le gigantesque déficit de la balance extérieure qu'ils se traînent.
Au delà de ces propos contradictoires, il est scandaleux de constater que c'est l'Europe qui fait les frais de la politique économique laxiste de l'administration Bush. Les "déficits jumeaux" (déficit budgétaire et déficit de la balance extérieure) américains atteignent des sommets et cela inquiète les investisseurs qui "réfugient" leurs capitaux dans la zone euro et au japon. Mais le plus injuste dans tout ça, c'est que l'Europe ne pourrait pas se permettre de dépenser comme le fait le gouvernement fédéral américain. En effet, tout est une question de confiance: le dollars et l'économie américaine bénéficient de la confiance aveugle des nouveaux investisseurs (notamment asiatiques, c'est-à-dire chinois). Ceux-ci n'arrêteront pas de prêter même à des conditions pas forcément avantageuses parce qu'ils ont confiance en la puissance américaine.
A l'Europe et à l'Euro de gagner la confiance en coordonnant les politiques économiques, en faisant tomber ces "murs de Berlin" qui entravent la parfaite coopération économique en Europe et laissent trop souvent planer la méfiance et les accusations mutuelles (cf. politique fiscale et monnaie unique avec le Royaume-Uni, déficit budgétaire et pacte de stabilité avec la France et l'Allemagne, mésententes avec la BCE...).

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