De la démocratie en Amérique
article: Le spectre de l'imbroglio de 2000 resurgit
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3484,36-385547,0.html
Comment écrire un post ce matin sans évoquer l'élection présidentielle américaine? Pour une fois, je vais déroger à la règle: il n'est pas possible de parler d'un seul article en particulier, mais bien d'une multitude de brèves, d'analyses et de statistiques qui fleurissent sur lemonde.fr comme sur tous les sites d'information.
Si aucun article en particulier n'a attiré mon attention, c'est qu'ils expriment tous les mêmes symptômes, les mêmes craintes, les mêmes limites de cette élection si intensément suivie aux quatre coins de la planète (on apprend par exemple qu'un acupuncteur britannique résidant au Japon est prêt à prodiguer ses soins gratuitement pendant une journée en cas de défaite de Bush. Il aurait même invité le président américain à venir en profiter!). Le "spectre de 2000", "l'Ohio, la Floride de 2004", "l'imbroglio se répète",... les titres évocateurs ne manquent pas devant les problèmes - annoncés depuis plusieurs semaines - liés au décompte des voix lorsque les écarts sont très minces entre les candidats. La démocratie américaine que Tocqueville citait en exemple, et l'Ohio en particulier, sont à la pointe de la technologie en matière de droit électoral: le vote peut être échelonné sur plusieurs semaines, des machines perfectionnées sont censées favoriser le décompte des voix et faire des économies de papier et les électeurs distraits qui n'ont pas pensé à se faire inscrire sur les listes (où les électeurs ne sont pas automatiquement inscrits comme en France) peuvent voter quand même, leur suffrage étant placé dans le lot des "votes provisoires" en attente de vérifications juridiques. C'est sur ces mêmes votes (environ 200 000) que sont fondés à cette heure les derniers espoirs du camp démocrate dont le sort semble malgré tout scellé.
Ces avancées techniques de la démocratie américaine ne sont pas prêtes de nous faire abandonner notre bon vieux système traditionnel français qui permet de connaître les résultats électoraux au soir du vote, même si des expérimentations de vote électronique ont d'ores et déjà été effectuées à l'occasions des dernières consultations. Craintes et soupçons de fraudes électorales, double inscriptions d'électeurs, perte de bulletins de vote et d'archives, défaillance des machines, ... rien de très appétissant vu de chez nous!
Attendons donc ces résultats patiemment, bien conscients de leurs part d'erreur. Grâce au système fédéral fondé sur le vote des "grands électeurs", G.W. Bush avait été élu avec 500 000 voix de moins que son challenger. Aujourd'hui, avec 3,7 millions de voix d'avance, il est largement en tête au niveau des suffrages exprimés mais son élection, bien que très probable, n'est toujours pas assurée. Ces élections 2004 reflètent bel et bien la crise du système électoral américain, qui avait émergé en 2000. Ce qui avait été considéré comme un cas anecdotique à caractère exceptionnel semble bien se renouveler, rendant plus nécessaire que jamais une réforme de grande ampleur (qu’on annonce depuis les années 1970).
La démocratie américaine est en passe de devenir une démocrazy où rien ne va plus. A cette notoire exception près: les Etats-Unis dont le taux d'abstention est traditionnellement le plus élevé des pays démocratiques, ont vu la participation électorale retrouver un niveau perdu depuis 1960.
Si aucun article en particulier n'a attiré mon attention, c'est qu'ils expriment tous les mêmes symptômes, les mêmes craintes, les mêmes limites de cette élection si intensément suivie aux quatre coins de la planète (on apprend par exemple qu'un acupuncteur britannique résidant au Japon est prêt à prodiguer ses soins gratuitement pendant une journée en cas de défaite de Bush. Il aurait même invité le président américain à venir en profiter!). Le "spectre de 2000", "l'Ohio, la Floride de 2004", "l'imbroglio se répète",... les titres évocateurs ne manquent pas devant les problèmes - annoncés depuis plusieurs semaines - liés au décompte des voix lorsque les écarts sont très minces entre les candidats. La démocratie américaine que Tocqueville citait en exemple, et l'Ohio en particulier, sont à la pointe de la technologie en matière de droit électoral: le vote peut être échelonné sur plusieurs semaines, des machines perfectionnées sont censées favoriser le décompte des voix et faire des économies de papier et les électeurs distraits qui n'ont pas pensé à se faire inscrire sur les listes (où les électeurs ne sont pas automatiquement inscrits comme en France) peuvent voter quand même, leur suffrage étant placé dans le lot des "votes provisoires" en attente de vérifications juridiques. C'est sur ces mêmes votes (environ 200 000) que sont fondés à cette heure les derniers espoirs du camp démocrate dont le sort semble malgré tout scellé.
Ces avancées techniques de la démocratie américaine ne sont pas prêtes de nous faire abandonner notre bon vieux système traditionnel français qui permet de connaître les résultats électoraux au soir du vote, même si des expérimentations de vote électronique ont d'ores et déjà été effectuées à l'occasions des dernières consultations. Craintes et soupçons de fraudes électorales, double inscriptions d'électeurs, perte de bulletins de vote et d'archives, défaillance des machines, ... rien de très appétissant vu de chez nous!
Attendons donc ces résultats patiemment, bien conscients de leurs part d'erreur. Grâce au système fédéral fondé sur le vote des "grands électeurs", G.W. Bush avait été élu avec 500 000 voix de moins que son challenger. Aujourd'hui, avec 3,7 millions de voix d'avance, il est largement en tête au niveau des suffrages exprimés mais son élection, bien que très probable, n'est toujours pas assurée. Ces élections 2004 reflètent bel et bien la crise du système électoral américain, qui avait émergé en 2000. Ce qui avait été considéré comme un cas anecdotique à caractère exceptionnel semble bien se renouveler, rendant plus nécessaire que jamais une réforme de grande ampleur (qu’on annonce depuis les années 1970).
La démocratie américaine est en passe de devenir une démocrazy où rien ne va plus. A cette notoire exception près: les Etats-Unis dont le taux d'abstention est traditionnellement le plus élevé des pays démocratiques, ont vu la participation électorale retrouver un niveau perdu depuis 1960.
Même le plus noir nuage a toujours sa frange d'or. (spéciale dédicace)

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