jeudi, novembre 18, 2004

"Bas coût", "discount", les nouveaux credo du marketing

article: Avec iDTGV, la SNCF lance officiellement le train à bas tarif
Alors que d'aucuns ne cessent de se plaindre de l'inflation et de la baisse du pouvoir d'achat des ménages depuis l'apparition de l'Euro, il est très amusant de constater le succès de tout produit ou service estampillé "bas coût", low cost, ou encore discount. Si la préférence des consommateurs pour ce qui est bon marché est loin d'être surprenante, on peut s'étonner du développement relativement tardif de ce type d'offres de plus en plus populaires.
Depuis hier, la Sncf, qui doit faire face à la concurrence féroce des compagnies aériennes à bas coût justement, a ouvert sa première ligne de TGV discount (http://www.idtgv.com). L'iDTGV a pour objectif de relier en un temps réduit (à peine plus de trois heures) Paris et Marseille pour une fourchette de prix qui s'ouvre à 19€ le titre de transport. Ça, c'est le premier effet, l'effet prix, comme l'appellent les économistes. A cela s'ajoute une volonté d'améliorer le service en proposant la location d'un lecteur DVD portable et de films pour agrémenter le voyage (iDZAP), ou en fournissant aux voyageurs un "kit sommeil" afin de passer le voyage dans les meilleures conditions de calme possible (iDZEN). Ça c'est le second effet, l'effet qualité. Ces deux effets, bien connus des responsables marketing, ont pour objectif de gagner des parts de marché supplémentaires en permettant à des populations moins aisées d'accéder à leurs services.
L'apparition de ce genre de produits concerne aujourd'hui des secteurs d'activité toujours plus nombreux et divers. Le succès des supermarchés discount (Ed, Aldi, Liddle, ou Leader Price) n'est aujourd'hui un secret pour personne, et surtout pas pour ces grands groupes du type, Carrefour ou Casino-Guichard qui se sont empressés de développer leur activité dans ce marché (Ed appartenant au groupe Carrefour, Leader Price à Casino). Les compagnies de transport aérien à bas coût se sont multipliées partout en Europe, et cette tendance commence même à toucher l'automobile, avec l’arrivée prochaine en France du nouveau modèle bon marché de Renault, la Logan, dont le prix est fixé autour de 5000€ et qui vient concurrencer les constructeurs asiatiques déjà sur le marché (Daewoo, Kia, Lada, Suzuki ou Maruti).
Toutes ces nouveautés ne sont en fait que la mise en pratique de formules anciennes imaginées notamment par Ford, mais qu'Edouard Leclerc, en son temps, avait lui aussi appliquées dans ses grandes surfaces. L’idée principale est de jouer sur l'effet prix en réduisant au maximum les coûts de production et de transport : on propose donc des produits standardisés(un seul modèle d'avion utilisé au maximum, un seul modèle de voiture proposé et fabriqué à la chaîne), au confort minimum (sans option pour les voitures, en entrepos sans sachet plastique pour les supérettes, sans journaux ni services particuliers dans les avions), et on réduit les intermédiaires entre le producteur et l'acheteur(vente des billets sur Internet pour les avions et les trains).
Si les « Trente glorieuses » et le progrès technique avaient mis fin à la Ford T, serions nous en train d'y retourner? N'exagérons pourtant pas le trait. La quasi totalité des produits ne sont pas concernés par cette tendance et la majorité de la population, surtout quand elle peut se le permettre, préfère limiter les contraintes, quitte à dépenser un petit peu plus... Ces produits restent donc une aubaine et un progrès, pour les populations qui n'y avaient pas accès jusque là et en particuliers... pour les étudiants!