Arafat n'en finit pas de mourrir
article:La direction palestinienne renoncerait à venir à Paris voir Arafat
L'éventuelle future veuve de M. Arafat a donc refusé que futur feu son mari reçoive la visite de ses successeurs éventuels à la tête de l'Organisation de libération de la Palestine. "Ils vont l'enterrer vivant!" s'est-elle indignée. Malgré ces propos accusateurs tenus à l’occasion d’une interview donnée à la chaîne arabe Al-jazeera, la visite officielle des principaux adjoints d'Arafat, qui devait être annulée, sera finalement maintenue.
Décidément, ce pauvre Arafat, tout le monde le voit mort ces temps-ci! N'a t'il pas droit au respect et à la compassion normale pour un malade à l'état clinique très critique? Apparemment non. Mais c’est que ce malade n'est pas n'importe qui («il n'est pas seulement un père ou un mari" affirmait une parlementaire palestinienne à destination de Mme Arafat accusée de monopoliser les informations sur la santé de son mari). L’état de santé du leader palestinien a bel et bien un intérêt politico-stratégique et c’est pourquoi il est suivi de très près.
Il n'est pas surprenant non plus de voir l'ébullition que provoque au Moyen-orient la mort annoncée de Yasser Arafat. Dans son propre camp comme chez ses ennemis invétérés, l'empirement soudain de son état de santé a suscité de nombreuses interrogations, des craintes, mais aussi des lueurs d'espoir. Où sera t’il enterré? Première question qui s'est imposée aux israéliens. Sur l'esplanade des mosquées? Jamais de la vie, cela serait une dernière victoire symbolique du leader palestinien et cela supposerait une affluence considérable de palestiniens dans cette zone contrôlée par les forces de Tsahal. On penche plus aujourd'hui vers l'option de la bande de Gaza que les israéliens sont appelés à quitter progressivement à la suite de la décision de M. Sharon. Qui lui succèdera? Cette question se pose dans les deux camps en termes différents: d'un côté on espère un leader plus "modéré", capable de tenir une "feuille de route" vers la pacification des rapports et la condamnation claire et active du terrorisme. De l'autre, il s'agit d'organiser l'après-Arafat. En effet, le Raïs n'a aucun successeur désigné et l'OLP risque fort d'être tiraillée au moment de la passation de pouvoir (y aura t’il élection comme en 1996 afin d'affirmer la légitimité du nouveau chef?). Le secrétaire général du comité exécutif de l'OLP et ex-premier ministre Mahmoud Abbas est le principal favori à l'heure actuelle. Il y a quelques années, il avait gagné la confiance d'Israël et des Etats-Unis en se prononçant contre les violences de l'Intifada.
Mais pour que la bataille pour la succession soit ouverte et que ces questions trouvent une réponse, il faut que la place (physique et symbolique) du leader soit libre. Et pour l'instant... Arafat n'en finit pas de ne pas mourir!
Mais pour que la bataille pour la succession soit ouverte et que ces questions trouvent une réponse, il faut que la place (physique et symbolique) du leader soit libre. Et pour l'instant... Arafat n'en finit pas de ne pas mourir!

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