mercredi, octobre 20, 2004

L'obésité de l'Etat : le régime Camdessus

article:Le diagnostic de M. Camdessus : "L'économie française décroche"
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-383555,0.html


A 71 ans, Michel Camdessus est ancien directeur général du Fonds monétaire international et gouverneur honoraire de la Banque de France. Entouré d'une vingtaine de personnalités de tous horizons (d'Emmaüs à AXA en passant par la CGT), il a remis au ministre des finances un rapport intitulé Le Sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France.
On constate aujourd'hui l'impact médiatique des discours alarmistes: Baverez avait sorti un best seller, Camdessus rempile avec ce rapport qui résonne déjà dans la bouche de la plupart de nos politiciens. Tout va de mal en pis, c'est ce qu'on nous annonce depuis toujours, on va assister à un krach, on court à la perte, on ne va pas pouvoir tenir comme ça des années... Et ce sera pour qui toutes ces festivités réjouissantes? Pour les jeunes bien sûr, pour les générations de demain, les pauvres! Ces discours, censés alimenter la réforme, n'ont pas forcément des propositions à faire pour améliorer le système.
Camdessus met néanmoins le doigt sur plusieurs points intéressants. S'il ne propose pas vraiment de remède à proprement parler- je précise que je ne suis pas en possession dudit rapport - au moins tente t’il de faire un diagnostic du mal.
Un symptôme significatif, qui a attiré mon attention est l'inefficacité de la sphère publique. Avec 54,7% du Pib, les dépenses publiques atteignent des proportions indécentes. Les emplois budgétaires 2004 à peine tirés, on constate la voracité de l'Etat et de son administration.
Si la gourmandise est un vilain défaut, elle n'est pas un gage d'efficacité, au contraire. M. Camdessus plaide donc pour un gouvernement restreint, "un Quinze de France" dans lequel le ministre chargé de la réforme de l'Etat aurait un rôle central. Si le gouvernement français prend exemple sur les performance de l'équipe nationale de rugby, pas de souci à se faire (à quand un calendrier de l'équipe gouvernementale?). Cette compression de l'Etat est un thème récurrent et c'est par les sommets qu'elle doit commencer. Jospin avait inscrit dans son programme 2002 la réduction des cabinets ministériels, chaque équipe gouvernementale promet d'être plus restreinte que la précédente, mais à chaque fois le nombre des ministres est plus important. Pour quelle cohérence et pour quelle efficacité?
La Suisse compte en tout et pour tout 7 ministres dans son gouvernement. L'Etat est-il malmené ou faible pour autant? Non, mais l'administration y joue un rôle important, ce qui est aussi le cas en France. Fusionner des ministères et des compétences n'est par pour plaire à tout le monde et Dieu sait si l'administration française a du mal à se réformer. Il n'empêche qu'avant de demander au contribuable de serrer la ceinture, l'Etat ferait bien de réduire son train de vie et de préférer efficacité et rapidité, à habitude et procédure!
Selon un vieux proverbe chinois:

Mieux vaut une petite (administration) travailleuse qu'une grosse paresseuse.