La France des intellectuels et la justice
article : M. Raffarin a signé le décret d'extradition de Cesare Battisti
source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-384254,0.html
Le cas Battisti aura fait couler beaucoup d'encre. Après des activités terroristes présumées (du côté français) ou avérées (selon la justice italienne) qui lui ont valu la prison à perpétuité, après une évasion, dix ans de cavale au Mexique, un peu plus de dix ans de vie "normale" à Paris, et deux mois de cavale en France, voilà l'ancien activiste italien Cesare Battisti sous le coup d'une procédure d'extradition vers l'Italie afin d'y purger sa peine.
Une telle mesure provoque la colère des "intellectuels" et d'une partie de la classe politique française. Mais tout ce tapage est-il justifié? M. Battisti a t’il droit à un traitement de faveur en vertu de sa production littéraire? Il est clair que la renommée de cette "affaire" est due aux succès de librairie de cet auteur de romans noirs, qui a su se constituer des réseaux de fidèles influents. On peut se demander en revanche si le cas d'un ex-terroriste lambda, devenu épicier à Rungis aurait suscité pareille mobilisation. Est-ce juste, envers l'Italie (dont la classe politique réclame unanimement l'extradition) de laisser circuler librement un condamné à perpétuité? Est-ce juste envers les familles et les proches des victimes des années de plomb de protéger la liberté d'un commanditaire d'attentats, voire d'un assassin? Est-ce tolérable pour les condamnés français et italiens d'entendre que certains de leurs anciens camarades qui ont réussi à s'évader peuvent aujourd'hui vivre en paix sans être inquiétés par la justice?
Bien sûr il faut respecter la parole donnée, savoir pardonner aux condamnés qui ont su se racheter une conduite, mais alors que ce soit pareil pour tous. Les intellectuels français ont beau protester, ils ne peuvent se déclarer plus compétents que les juges d'instruction italiens au sujets de ces années de plomb. En France, tout le monde serait prêt à soutenir les victimes d'actes terroristes dont les organisateurs couleraient des jours paisibles à l’étranger. Personne ne s'opposerait à l'extradition d'un évadé des prisons françaises.
Au nom de la justice (au moins du droit positif), mais aussi au nom de l'entente européenne, le gouvernement français ne pouvait s'opposer à cette extradition. Intellectuel ou non, tout condamné selon les principes des Droits de l'homme doit purger sa peine aussi illégitime qu'elle puisse lui paraître. C'est la base du droit et de la justice, c'est aussi un principe d'égalité entre les citoyens et face à la justice.
Une telle mesure provoque la colère des "intellectuels" et d'une partie de la classe politique française. Mais tout ce tapage est-il justifié? M. Battisti a t’il droit à un traitement de faveur en vertu de sa production littéraire? Il est clair que la renommée de cette "affaire" est due aux succès de librairie de cet auteur de romans noirs, qui a su se constituer des réseaux de fidèles influents. On peut se demander en revanche si le cas d'un ex-terroriste lambda, devenu épicier à Rungis aurait suscité pareille mobilisation. Est-ce juste, envers l'Italie (dont la classe politique réclame unanimement l'extradition) de laisser circuler librement un condamné à perpétuité? Est-ce juste envers les familles et les proches des victimes des années de plomb de protéger la liberté d'un commanditaire d'attentats, voire d'un assassin? Est-ce tolérable pour les condamnés français et italiens d'entendre que certains de leurs anciens camarades qui ont réussi à s'évader peuvent aujourd'hui vivre en paix sans être inquiétés par la justice?
Bien sûr il faut respecter la parole donnée, savoir pardonner aux condamnés qui ont su se racheter une conduite, mais alors que ce soit pareil pour tous. Les intellectuels français ont beau protester, ils ne peuvent se déclarer plus compétents que les juges d'instruction italiens au sujets de ces années de plomb. En France, tout le monde serait prêt à soutenir les victimes d'actes terroristes dont les organisateurs couleraient des jours paisibles à l’étranger. Personne ne s'opposerait à l'extradition d'un évadé des prisons françaises.
Au nom de la justice (au moins du droit positif), mais aussi au nom de l'entente européenne, le gouvernement français ne pouvait s'opposer à cette extradition. Intellectuel ou non, tout condamné selon les principes des Droits de l'homme doit purger sa peine aussi illégitime qu'elle puisse lui paraître. C'est la base du droit et de la justice, c'est aussi un principe d'égalité entre les citoyens et face à la justice.

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