La Commission européenne : une crise salutaire
article: L'UE soulagée par la décision de José Manuel Durao Barroso
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-384788,0.html
L'affaire Buttiglione et l'abandon du schéma initial prévu pour la future Commission européenne constituent bel et bien une crise sans précédent au sommet de la direction de l'UE. Mais plus que tout autre, cette crise a clairement un caractère salutaire pour l'Union en voie de se donner une Constitution. Sous la pression des parlementaires européens, le futur président de la Commission européenne a donc choisi de reporter à plus tard l'investiture de son équipe qu'il compte modifier à la marge. Ce choix a été applaudi par l'ensemble des Etats membres, même ceux, justement, dont les candidats à la Commission sont mis en cause. Barroso a bien compris que la légitimité de la future Commission européenne dépendra d'un large soutien du parlement. Romano Prodi s'est trop souvent heurté aux députés de Strasbourg, pour qu'aujourd'hui la Commission se contente du faible soutien d'une partie du parlement à laquelle s'adjoindraient de surcroît les suffrage si peu respectables des représentants "nationalistes et eurosceptiques".
Cette crise promet d'être salutaire pour l'image de l'Europe, pour les institutions européennes dans leur ensemble et pour la Commission en particulier.
L'image de l'Europe, si elle pâtira forcément des effets de cette crise institutionnelle (affaiblissement de son exécutif), en ressortira grandie auprès des citoyens et des média. L'épouvantail du déficit démocratique s'éloigne au profit de l'accroissement des pouvoirs et de l'influence acquis par les représentants élus au suffrage universel. D'autre part, l'affaire Buttiglione renforce l'idée que l'Europe, bien plus que les Etats nationaux, dispose d'une direction commune forcément tolérante et respectueuse des minorités, une direction dont le discours doit perdre les accents et habitudes nationaux pour pouvoir être entendu et accepté dans tous les Etats membres. Ni représentants d'un parti, ni représentants d'un pays, les Commissaires ne sont pas les promoteurs d'intérêts particuliers, mais doivent se prononcer au nom de l'intérêt général de la communauté.
Les rapports entre les institutions européennes en sortiront eux aussi modifiés. Comme le soulignait le président du groupe socialiste au Parlement européen, les eurodéputés peuvent prendre toute la mesure de leurs pouvoirs et de leur influence au sein du"triangle institutionnel européen". Depuis Maastricht, les rapports de pouvoir ont fortement évolué au profit du Parlement européen, seule institution soumise au suffrage universel. L'évolution de ces rapports était censée pallier le déficit démocratique de l'Union. Aujourd'hui, on constate que les représentants élus ont concrètement leur mot à dire sur la direction des affaires européennes.
La Commission profitera elle aussi des effets positifs de cette crise. Si elle est remodelée et bénéficie d'un large soutien du parlement, elle aura les coudées plus franches que l'équipe précédente. D'autre part, se montrant ouvert à la négociation et à l'écoute des arguments du parlement (du moins à partir d'hier), le futur président Barroso va donner l'image d'une Commission moins figée et rigide qui saura plaire aux média et à l'opinion.
Pour çà, il faudra faire des concessions, accepter de se séparer de certaines candidatures visiblement trop polémiques afin de constituer une équipe sûre, efficace, ni neutre ni trop politisée qui saura bénéficier d'une légitimité suffisante pour agir dans l'intérêts de tous les européens.
Cette crise promet d'être salutaire pour l'image de l'Europe, pour les institutions européennes dans leur ensemble et pour la Commission en particulier.
L'image de l'Europe, si elle pâtira forcément des effets de cette crise institutionnelle (affaiblissement de son exécutif), en ressortira grandie auprès des citoyens et des média. L'épouvantail du déficit démocratique s'éloigne au profit de l'accroissement des pouvoirs et de l'influence acquis par les représentants élus au suffrage universel. D'autre part, l'affaire Buttiglione renforce l'idée que l'Europe, bien plus que les Etats nationaux, dispose d'une direction commune forcément tolérante et respectueuse des minorités, une direction dont le discours doit perdre les accents et habitudes nationaux pour pouvoir être entendu et accepté dans tous les Etats membres. Ni représentants d'un parti, ni représentants d'un pays, les Commissaires ne sont pas les promoteurs d'intérêts particuliers, mais doivent se prononcer au nom de l'intérêt général de la communauté.
Les rapports entre les institutions européennes en sortiront eux aussi modifiés. Comme le soulignait le président du groupe socialiste au Parlement européen, les eurodéputés peuvent prendre toute la mesure de leurs pouvoirs et de leur influence au sein du"triangle institutionnel européen". Depuis Maastricht, les rapports de pouvoir ont fortement évolué au profit du Parlement européen, seule institution soumise au suffrage universel. L'évolution de ces rapports était censée pallier le déficit démocratique de l'Union. Aujourd'hui, on constate que les représentants élus ont concrètement leur mot à dire sur la direction des affaires européennes.
La Commission profitera elle aussi des effets positifs de cette crise. Si elle est remodelée et bénéficie d'un large soutien du parlement, elle aura les coudées plus franches que l'équipe précédente. D'autre part, se montrant ouvert à la négociation et à l'écoute des arguments du parlement (du moins à partir d'hier), le futur président Barroso va donner l'image d'une Commission moins figée et rigide qui saura plaire aux média et à l'opinion.
Pour çà, il faudra faire des concessions, accepter de se séparer de certaines candidatures visiblement trop polémiques afin de constituer une équipe sûre, efficace, ni neutre ni trop politisée qui saura bénéficier d'une légitimité suffisante pour agir dans l'intérêts de tous les européens.

1 Comments:
comme quoi mon analyse n'est pas très originale ;-)
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3208,36-384905,0.html
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