Du lobbysme catholique
article: Le Vatican s'inquiète de ne devenir qu'un groupe de pression parmi d'autres en Europe
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-383670,0.html
Le cas Buttiglione fait décidément beaucoup de bruit, au risque d'entacher la réputation et d'atteindre à la légitimité de la future Commission européenne. Cette mini "crise" méritait bien les différents développements que lui a consacrés la presse, dans la mesure où elle soulève à la fois un problème institutionnnel - quel est le pouvoir du Parlement dans l'actuelle UE? - et un problème identitaire - les valeurs chrétiennes de l'Europe et le rôle de l'Eglise dans cet espace de plus en plus sécularisé.
Intéressons nous plus particulièrement à ce second point. Conseiller du pape, M. Buttiglione s'apprête à devenir le commissaire des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures de la nouvelle Commission Barroso. Son discours religieux traditionnel et notamment ses propos sur l'homosexualité ont été fortement dénoncés par les parlementaires européens lors de son audition. Dès lors, la question qui se pose est la suivante: peut-on réellement affirmer des convictions et des croyances personnelles sans que cela influe sur la politique menée? Il est fortement permis d'en douter.
Constamment brocardé pour ses positions éthiques et morales, le Vatican croit bien être la cible première visée par l'affaire du commissaire italien. Dans une Europe fortement concernée par les problèmes de laïcité et la sécularisation d'une société (baisse de la fréquentation des églises, chute des effectifs des séminaires, changement des modes de vie...) qui devient de plus en plus hermétique à la morale catholique. Ayant longtemps dicté à des millions de fidèles la marche à suivre pour la conduite des affaires publiques comme de la vie privée, le Vatican pouvait discuter d'égal à égal avec les Etats européens, souvent prompt à suivre ses recommandations de bon sens. Aujourd'hui la balance s'est inversée, le pape continue à donner des recommandations (prises de positions contre la guerre, pour l'inscription de l'origine chrétienne de l'Europe,...) sans influencer de manière déterminante les politiques menées. Berlusconi s'indigne qu'on rejette le commissaire aux convictions un peu trop prononcées et prend la défense du Vatican dont il n'avait pas voulu entendre la position sur l'Irak.
Entre les lobbies homosexuels et paysans, le Vatican doit-il devenir un groupe d'intérêts soucieux de faire entendre une voix parmi d'autres?
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-383670,0.html
Le cas Buttiglione fait décidément beaucoup de bruit, au risque d'entacher la réputation et d'atteindre à la légitimité de la future Commission européenne. Cette mini "crise" méritait bien les différents développements que lui a consacrés la presse, dans la mesure où elle soulève à la fois un problème institutionnnel - quel est le pouvoir du Parlement dans l'actuelle UE? - et un problème identitaire - les valeurs chrétiennes de l'Europe et le rôle de l'Eglise dans cet espace de plus en plus sécularisé.
Intéressons nous plus particulièrement à ce second point. Conseiller du pape, M. Buttiglione s'apprête à devenir le commissaire des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures de la nouvelle Commission Barroso. Son discours religieux traditionnel et notamment ses propos sur l'homosexualité ont été fortement dénoncés par les parlementaires européens lors de son audition. Dès lors, la question qui se pose est la suivante: peut-on réellement affirmer des convictions et des croyances personnelles sans que cela influe sur la politique menée? Il est fortement permis d'en douter.
Constamment brocardé pour ses positions éthiques et morales, le Vatican croit bien être la cible première visée par l'affaire du commissaire italien. Dans une Europe fortement concernée par les problèmes de laïcité et la sécularisation d'une société (baisse de la fréquentation des églises, chute des effectifs des séminaires, changement des modes de vie...) qui devient de plus en plus hermétique à la morale catholique. Ayant longtemps dicté à des millions de fidèles la marche à suivre pour la conduite des affaires publiques comme de la vie privée, le Vatican pouvait discuter d'égal à égal avec les Etats européens, souvent prompt à suivre ses recommandations de bon sens. Aujourd'hui la balance s'est inversée, le pape continue à donner des recommandations (prises de positions contre la guerre, pour l'inscription de l'origine chrétienne de l'Europe,...) sans influencer de manière déterminante les politiques menées. Berlusconi s'indigne qu'on rejette le commissaire aux convictions un peu trop prononcées et prend la défense du Vatican dont il n'avait pas voulu entendre la position sur l'Irak.
Entre les lobbies homosexuels et paysans, le Vatican doit-il devenir un groupe d'intérêts soucieux de faire entendre une voix parmi d'autres?

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